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Ce mois-ci, le sujet le plus médiatique lié aux nouvelles techniques de sélection a été la nouvelle étude publiée sur la revue “Food” décrivant des expériences potentiellement capables de détecter des OGM dérivés de techniques d’édition du génome. Cette étude, controversée, a essuyé la critique de scientifiques. 

En Allemagne, le CSU/CDU a réaffirmé sa position selon laquelle cette technologie ne devrait pas être règlementée comme une technologie OGM. En Allemagne toujours, une nouvelle utilisation expérimentale de CRISPR/Cas par l’Institut de technologie de Karlsruhe a permis de modifier la séquence génétique à l’intérieur d’un chromosome. CRISPR/Cas9 a également été utilisé dans le cadre d’une recherche conjointe entre les États-Unis et le Royaume-Uni sur les porcs, les chèvres et les bovins pour créer du sperme avec des caractéristiques génétiquement améliorées pour les descendants.


07/09 Premier test de détection pour les cultures génétiquement modifiées ?

Le 7 septembre, un article sur une méthode permettant aux chercheurs de détecter le “SU Canola”, un colza tolérant aux herbicides, a été publié dans la revue scientifique “Food”. Les chercheurs qui ont publié l’article ont fait valoir qu’”il est probable que cette approche puisse être utilisée pour développer des méthodes de détection pour la plupart, sinon la totalité, des cultures génétiquement modifiées“. De nombreuses associations de consommateurs ont salué la découverte de cette méthode de détection, arguant que “les transformateurs et les détaillants de produits alimentaires pourront maintenir ces nouveaux OGM en dehors de leurs chaînes d’approvisionnement et répondre à la demande des consommateurs pour des aliments sans OGM“, et préconisant d’appliquer les mêmes exigences de sécurité et d’étiquetage des OGM existants à ce « nouveau type d’OGM (Greenpeace) ». Cependant, cette méthode ne permet de reconnaître qu’un OGM, et non pas de savoir si le changement est d’origine naturelle ou s’il est la conséquence d’une modification génétique. Ses résultats ont par ailleurs été critiqués par la communauté scientifique (voir ci-après). 


08/09 La CDU/CSU allemande réaffirme sa ligne politique sur les méthodes OGM

Le porte-parole politique allemand de la CDU/CSU exprime ses doutes quant à la crédibilité du test capable de détecter les changements génétiques, affirmant que “jusqu’à présent, il n’existe aucune méthode scientifiquement valable qui permettrait de juger si une mutation des cultures a été créée par ces nouvelles méthodes de sélection ou par des méthodes conventionnelles“, soutenant la ligne de recherche scientifique continue sur ces sujets de la ministre fédérale de l’agriculture – Julia Klöckner. Il a conclu en réaffirmant le point de vue de la CDU/CSU sur les plantes présentant des modifications génétiques : “Les OGM, qui pourraient également être le résultat de méthodes de sélection conventionnelles ou d’un processus naturel, ne devraient pas être réglementés comme des organismes génétiquement modifiés“.

https://www.topagrar.com/acker/news/cdu-csu-zweifeln-neuen-nachweistest-fuer-crispr-cas-genveraenderungen-an-12343437.html?utm_source=topagrar


08/09 L’héritage des chromosomes inversés dans les plantes peut maintenant être contrôlé spécifiquement

Les chercheurs de l’Institut de technologie de Karlsruhe ont réussi à utiliser CRISPR/Cas pour modifier la séquence des gènes dans un chromosome. Dans un article publié dans la revue Nature Communications, les recherches ont démontré pour la première fois comment les inversions de la séquence des gènes peuvent être inversées et l’héritage peut être contrôlé de manière ciblée.

Cette nouvelle méthode pourrait être mise en œuvre dans l’agriculture en ciblant les plantes dont les chromosomes inversés (résultat d’un processus de mutation naturelle) constituent un obstacle à la sélection, à la résistance aux maladies, aux parasites et aux conditions climatiques extrêmes.  

Le Professeur Putchta, directeur de l’Institut, a déclaré : “Avec cette [méthode], nous avons enfin établi le génie chromosomique comme un nouveau type de sélection végétale“.  L’expérience a été réalisée sur l’inversion naturelle la plus fréquente, hk4S, sur le chromosome 4 du cresson de Thale (Arabidopsis thaliana).

https://www.topagrar.com/acker/news/vererbung-bei-pflanzen-laesst-sich-nun-gezielt-steuern-12343466.html?utm_source=topagrar


10/09 La méthode de détection des NBTs est inadaptée

L’office fédéral allemand pour la protection des consommateurs et la sécurité alimentaire (BVL, en allemand), s’est penché sur l’étude publiée dans le magazine “Food” par une équipe de recherche de l’Iowa, qui affirme avoir mis au point une méthode de détection des diverses modifications d’OGM. L’étude s’est notamment concentrée sur les lignées de colza tolérantes aux herbicides, dites “colza Cibus”, mais “selon les informations disponibles, le BVL arrive à la conclusion que la mutation ponctuelle visée dans l’article ne résulte pas d’une technique d’édition du génome. La méthode décrite dans l’article permet de détecter spécifiquement cette mutation. Cependant, elle ne peut pas identifier si la mutation a été induite ou non dans cette lignée de canola par l’édition du génome“.

https://www.agrarheute.com/pflanze/raps/bvl-greenpeace-test-gvo-ungeeignet-572807

Thorsen Tiedemann, président du Grain Club, s’en est fait l’écho en commentant l’article publié sur “Food” en disant : “On a l’impression que le nouveau test est adapté à l’identification générale des cultures génomiques. Toutefois, cela nécessiterait de prouver la cause d’une modification génétique. Le processus ne peut pas le faire, c’est pourquoi l’identification générale des cultures génétiquement modifiées n’est toujours pas possible“.

https://www.topagrar.com/acker/news/grain-club-nachweis-von-genome-editing-weiterhin-nicht-moeglich-12348642.html?utm_source=topagrar


14/09 L’association française des biotechnologies végétales sur le plan national de relance

L’Association nationale des biotechnologies végétales (AFBV) – une association qui regroupe plus de 200 acteurs du secteur parmi les chercheurs, les PDG, les universités, etc. – a commenté la proposition ministérielle du plan de relance de l’agriculture qui, bien qu’elle mentionne les efforts nécessaires pour plus de recherche sur les semences de plantes plus résistantes, et malgré la déclaration du gouvernement de faire du secteur des biotechnologies une industrie prioritaire, le plan de relance ne mentionne aucun rôle que ces technologies pourraient jouer dans la relance elle-même.

L’AFBV rappelle que les biotechnologies sont fondamentales pour améliorer la souveraineté alimentaire, atteindre la transition verte et adapter les productions végétales aux changements climatiques. 

L’association conclut en soulignant le rôle essentiel des biotechnologies végétales pour la réussite de la relance.  Il est urgent que la France investisse fortement dans la recherche sur les semences et qu’elle travaille avec les autres États membres pour que l’Europe adopte rapidement une réglementation sur les biotechnologies, en accord avec les progrès scientifiques, afin de maintenir la compétitivité de notre agriculture dans le monde.


17/09 Des scientifiques créent des animaux modifiés comme “substituts-signes” pour stimuler la production

Des scientifiques aux États-Unis et au Royaume-Uni ont créé des porcs, des chèvres et des bovins génétiquement modifiés pour produire du sperme avec des caractéristiques telles que la résistance aux maladies et une meilleure qualité de la viande en utilisant l’outil CRISPR/Cas9. Les scientifiques ont déclaré que “ces animaux, créés par la première fois, pourraient être utilisés comme ‘reproducteurs de substitution’“, l’application concrète de cette découverte pourrait aider les agriculteurs et l’environnement avec des animaux plus sains et plus productifs, une meilleure gestion des ressources » (moins d’aliments, de médicaments et d’eau).

https://www.independent.ie/business/farming/news/world-news/scientists-create-gene-edited-animals-as-surrogate-sires-to-boost-food-production-39535548.html