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Ce mois a été marqué par la nomination au prix Nobel de chimie des chercheurs ayant découvert et mis au point la technique CRISP/Cas9, Emmanuelle Charpentier et Jennifer Doudna, et la découverte d’une nouvelle méthodologie d’utilisation de cette technique, notamment avec l’enzyme Cas3, afin de permettre de travailler avec des parties plus importantes de l’ADN. 

De plus, CRISP/Cas9 ont été utilisés pour modifier des arbres et des poulets respectivement pour un usage plus respectueux du climat, et pour soigner le virus de la volaille.


01/10 Un soja génétiquement modifié autorisé

La Commission a autorisé un soja génétiquement modifié (GM) pour l’alimentation humaine et animale le 28 septembre. La variété biotechnologique MON 87708 x MON 89788 x A5547-127 est passée par la procédure d’autorisation complète. L’autorisation couvre l’importation et la transformation, mais pas la culture. Elle est valable pour dix ans et tout produit issu du soja génétiquement modifié, qui a été développé par Monsanto, aujourd’hui Bayer Corp Science, sera soumis aux règles communautaires d’étiquetage et de traçabilité applicables.


06/10 “CRISPRing” d’arbres pour une économie plus écologiste

Une étude publiée sur Nature Communications par le professeur Wout Boerjan constate que la technologie CRISP/Cas9 est utilisée sur les arbres pour qu’ils contiennent moins de lignine, ce qui entraîne moins d’émissions de CO2 dans les bois traités pour la fabrication de papier, biocarburants et d’autres matériaux d’origine biologique. Barbara De Meester, co-éditrice, déclare : “Le peuplier est une espèce diploïde, ce qui signifie que chaque gène est présent en deux exemplaires. En utilisant CRISPS/Cas9, nous avons introduit des changements spécifiques dans les deux copies d’un gène qui est crucial pour la biosynthèse de la lignine. Nous avons inactivé une copie du gène, et seulement partiellement l’autre. La lignée de peuplier résultante a connu une réduction stable de 10 % de la quantité de lignine alors qu’elle se développait normalement“. Les applications de cette méthode ne sont pas seulement limitées à la lignine, mais pourraient également être utiles pour développer d’autres caractéristiques dans les cultures.


07/10 Prix Nobel de chimie pour les découvreurs de Crisp/Cas9

Le 7 octobre, le prix Nobel pour la chimie a été remis à Emmanuelle Charpentier de l’Institut Max Planck pour les pathogènes de Berlin et à Jennifer Doudna de l’Université de Californie, Berkeley. Les deux scientifiques ont développé conjointement l’un des “instruments les plus pointus du génie génétique“, les ciseaux à gènes Crispr/Cas9, a écrit le Comité du Prix Nobel.

Grâce à la technique très débattue d’édition du génome, les molécules individuelles de l’ADN peuvent être exactement échangées ou modifiées, et depuis sa découverte en 2012, les applications pratiques ont connu une croissance exponentielle. 

Le Comité a souligné certaines utilisations bénéfiques du Crispr/Cas9, telles que la création de cultures présentant des caractéristiques de résistance spécifiques à plusieurs maladies (entraînant une réduction de la quantité de produits chimiques utilisés sur les plantes) et au stress de la sécheresse (réduisant la consommation d’eau et permettant de faire pousser des cultures dans des contextes plus secs).


09/10 L’UE « étouffe » les outils d’édition génétique

Une étude menée par Euroseeds montre que les agriculteurs européens se plaignent que la législation européenne en matière de recherche visant à améliorer l’utilisation des nouvelles techniques de sélection est trop stricte. En particulier, les coûts réglementaires et les délais prévus par la législation européenne actuelle sur les OGM « étouffent » les entreprises, tout comme l’incertitude quant aux futures réglementations, y compris les délais d’approbation des produits. En outre, l’enquête a montré que la réglementation a ses pires effets sur les petites entreprises de sélection, car elles sont moins à même de déplacer les activités de recherche en dehors du bloc.

La British Society of Plant Breeders a indiqué que les résultats de l’enquête montrent l’intérêt croissant pour l’utilisation de nouveaux outils afin d’améliorer la rapidité et la précision des programmes de sélection des cultures : “les résultats démontrent également la diversité des applications potentielles, de l’amélioration de la qualité et des performances des cultures à une meilleure nutrition. De telles avancées sont nécessaires de toute urgence pour que la production végétale réponde aux attentes futures de la société en termes de changement climatique, de régimes alimentaires plus sains et d’approches plus durables“.


12/10 Découverte de gènes qui pourrait aider à traiter le coûteux virus de la volaille

La découverte du gène qui est lié au développement de la maladie virale de Marek, qui est très contagieuse, cause le cancer chez les poulets et coûte à l’industrie avicole plus de 2 milliards de dollars par an, pourrait conduire à des stratégies de sélection plus précises. 

L’étude, menée par l’institut Roslin du Royaume-Uni, a identifié des régions de l’ADN des poulets qui sont considérées comme jouant un rôle dans la résistance à la maladie. Le chef de l’étude de l’institut, le Dr Smith, a déclaré : “Notre étude identifie des régions du génome associées à la résistance, qui pourraient être utilisées pour atténuer les effets du virus par la sélection, la conception améliorée de vaccins ou les futures technologies d’édition de gènes“. En outre, les tumeurs causées par le virus de Marek présentent des similitudes avec le lymphome humain, ce qui laisse entrevoir une possible amélioration de la compréhension des cancers humains.


12/10 L’Argentine autorise le premier blé OGM au monde

L’Argentine a été le premier État au monde à autoriser la culture du blé génétiquement modifié HB4, tolérant à la sécheresse, a annoncé le ministère des sciences. Le ministre a fait valoir que la qualité du blé HB4, baptisé “Event”, permettra d’assurer la production et la récolte, tout en protégeant la nature.  


14/10 Le Conseil AgriFish à Luxembourg, ouvert aux NBTs

Dans les conclusions du Conseil sur la stratégie “de la ferme à la fourchette”, les ministres ont fait des commentaires sur l’utilisation de nouvelles méthodes de sélection. “Les nouveaux ingrédients et techniques innovants peuvent jouer un rôle dans l’accroissement de la durabilité, à condition qu’ils soient sans danger pour l’homme, les animaux et l’environnement” ; ils ont conclu qu’ils attendaient avec intérêt la prochaine étude de la Commission à la lumière de l’arrêt de la CJE (affaire 528/16) sur le statut des nouvelles techniques génomiques dans le cadre de la législation communautaire.


20/10 Le CRISP rencontre Pac-man : un nouvel outil de découpage et de collage de l’ADN permet d’éditer des morceaux des gènes plus importants

Une étude publiée le 19 octobre dans la revue Nature Methods par les docteurs Joseph Bondy-Denomy et Balint Csörg soutient qu’ils ont réussi à utiliser l’enzyme Cas3 pour travailler sur de plus grandes quantités d’ADN. Les scientifiques notent que “Cas3 est comme Cas9 avec un moteur – après avoir trouvé sa cible ADN spécifique, il court sur l’ADN et le mâche comme un Pac-man“. La nouvelle capacité à supprimer ou à remplacer de longues portions d’ADN permettra aux chercheurs d’évaluer plus efficacement l’importance des régions génomiques qui contiennent des séquences d’ADN de fonction indéterminée, selon Bondy-Denomy. Il poursuit en soulignant l’usage possible de cette découverte : “CRISP-Cas3 permettra aux scientifiques de l’industrie biotechnologique d’éliminer plus facilement l’ADN potentiellement pathogène ou inutile des bactéries utilisées pour produire des produits pharmaceutiques […] il devrait également permettre d’insérer des gènes entiers dans le génome dans des applications industrielles, agricoles ou même de thérapie génique humaine“.