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 Un bras de fer se joue entre la Commission européenne et la Commission Agriculture du Parlement européen sur les actes délégués pour les mesures exceptionnelles de marché pour le secteur du vin. Les députés ont objecté à un des actes afin d’obtenir un soutien plus ambitieux notamment pour les secteurs viticole et des fruits et légumes. La Commission a annoncé qu’elle proposerait un nouvel acte « avant l’été » et avant que le Parlement prenne une position finale de rejet (ou non) lors de sa séance plénière de juillet.
Concernant les aides directes Covid qui pourraient être financées par des reliquats du FEADER, les membres de la ComAgri ont également voté pour augmenter le plafond de financement de la mesure à 2 % du FEADER de chaque Etat membre, contre 1 % proposé par la CE. 
Au titre de la relance des secteurs agricoles et agro-alimentaires, le plan de relance dévoilé par la Commission européenne prévoit 15 milliards d’euros pour rehausser le fonds de développement rural, et le cadre financier pluriannuel (CFP) revisité alloue 5 milliards de plus au second pilier, et 4 milliards au premier (euros 2018) que la proposition de la commission de juin 2018. Pour mémoire, le budget PAC 2021-2027 proposé par la commission s’affiche en légère hausse en euros courants (et en baisse de 34 milliards en euros constants, au regard de la non intégration de l’inflation). 

 Chronologie des faits marquants 

19/05 L’USDA détaille le programme d’assistance pour le coronavirus

20/05 Deux nouvelles stratégies pour plus de durabilité… et de sécurité ?

25/05 Réponse du commissaire Wojciechowski à l’appel du secteur viticole

25/05 Extension des règles d’accès vers l’Allemagne

26/05 Les députés réitèrent leur demande de modifications des actes délégués

27/05 Un plan de relance de 750 milliards d’euros

27/05 La Commission rejette les demandes de la ComAgri

27/05 La Commission lance une révision de la politique commerciale

29/05 Paris annonce un soutien au secteur vin

29/05 Le commerce mondial devrait reculer de 10 à 16% en 2020

02/06 La ComAgri insiste pour les secteurs du vin, des fruits et des légumes

04/06 La menace des fonds de relance trop tardifs

08/06 Des ministres de l’agriculture demandent un nouveau train de mesures d’aides 

08/06 L’Italie lance son « pacte d’exportation »

09/06 La Commission annonce des mesures supplémentaires pour le vin

10/06 La pire récession en dehors du temps de guerre depuis 100 ans

11/06 Les députés européens de l’agriculture se sont mis d’accord sur un plan révisé de soutien temporaire par le développement rural

12/06 Nouvel appel de la ComAgri pour les secteurs du vin, des fruits et légumes

12/06 Appel budgétaire pour la relance du secteur vitivinicole

12/06 Révision du cadre temporaire pour les aides d’État

16/06 2 milliards d’euros de pertes pour le secteur du vin italien


19/05 L’USDA détaille le programme d’assistance pour le coronavirus

Le ministère américain de l’agriculture (USDA) a annoncé les détails de son programme d’assistance agricole et alimentaire pour les coronavirus (CFAP), qui prévoit jusqu’à 16 milliards de dollars (14,7 milliards d’euros) de paiements directs aux agriculteurs touchés par la pandémie. Par l’intermédiaire de sa Farm Service Agency*, l’USDA acceptera les demandes à partir du 26 mai. Les sources de financement sont quelque 9,5 milliards de dollars (8,7 milliards d’euros) dans le cadre de la loi CARES (Coronavirus Aid, Relief, & Economic Stability) pour compenser les pertes des agriculteurs dues à la chute des prix entre la mi-janvier et la mi-avril 2020, avec 6,5 milliards de dollars (6 milliards d’euros) supplémentaires provenant de la charte de la Commodity Credit Corporation pour couvrir les pertes dues aux perturbations actuelles du marché.
En savoir plus. 


20/05 Deux nouvelles stratégies pour plus de durabilité… et de sécurité ? 

La Commission a dévoilé les stratégies De la ferme à la fourche et Biodiversité.
« Sur le papier », la pandémie de COVID-19 joue un rôle central dans le texte (stratégie F2F), car elle met en évidence “l’importance d’un système alimentaire robuste et résilient qui fonctionne en toutes circonstances … capable d’assurer l’accès à une offre suffisante de denrées alimentaires abordables pour les citoyens”. Les auteurs du texte soulignent l’importance d’un tel système alimentaire, en particulier dans la période post-pandémique.
Pourtant, les deux stratégies proposées combinées, si elles sont mises en oeuvre telles quelles, entraîneraient avant tout une réduction de 15% de la production agricole de l’UE et une forte baisse de la sécurité alimentaire de l’UE.
Elles proposent des mesures restrictives très précises à mettre en oeuvre d’ici 2030 sur l’utilisation des intrants, sur la part des terres agricoles à laisser improductives (10%) et sur la part des terres agricoles de l’UE en agriculture biologique (25%).
Ces propositions ont été présentées sans analyse d’impact de la part de la Commission. 


25/05 Réponse du commissaire Wojciechowski à l’appel du secteur viticole 

Le commissaire à l’agriculture Janusz Wojciechowski écarte les propositions de 70 députés européens qui lui ont écrit le 15 avril pour lui demander de l’aide supplémentaire pour le secteur viticole. Il leur a indiqué que la CE n’est pas prête à soutenir l’arrachage des vignobles, “ou de toute culture permanente telle que les vergers”, car de tels programmes ont “par le passé, donné une image négative de l’agriculture européenne et de la PAC”. “La solution à la crise actuelle n’est pas la destruction du potentiel de production des producteurs”, ajoute M. Wojciechowski.
Le renforcement des activités de promotion, que les députés européens ont également demandé “a été fait dès janvier pour faire face aux conséquences de l’imposition d’un droit de douane de 25 % sur les importations américaines de certains vins européens”, explique-t-il en outre. La commissaire rejette la demande des députés européens de dérogation aux règles d’étiquetage concernant le millésime, estimant qu’elle est “très difficile à comprendre”.
Concernant leur demande de création d’un fonds de compensation pour le secteur, il explique que l’UE “était confrontée à une situation critique en termes de budget actuel, et aucun accord sur le futur CFP n’a encore été conclu”.
Face à la pression du Parlement européen, une réunion s’est tenue postérieurement entre les coordinateurs comagri et le Commissaire qui y a commencé à montrer plus d’ouverture.


25/05 Extension des règles d’accès vers l’Allemagne 

Début avril, les deux ministères fédéraux, avec la participation de l’Institut Robert Koch, avaient créé un couloir responsable pour l’entrée de 40 000 travailleurs saisonniers en avril et mai – dans des conditions strictes de contrôle des infections. Il s’agit notamment d’un contrôle sanitaire à l’aéroport après l’atterrissage, de la transmission des résultats à l’autorité sanitaire responsable, d’une quarantaine de facto de 14 jours après l’arrivée, de règles strictes en matière de distance et d’hygiène dans les entreprises, d’un taux d’occupation plus faible dans les logements et du travail en groupes aussi petits et cohérents que possible.
Les deux ministres fédéraux ont prolongé ces dispositions. Les exigences en matière de santé, de travail et de protection contre les infections resteront en place, tout comme le contingent de 80 000 travailleurs au total. Ce quota n’est actuellement pas épuisé : à ce jour, environ 33 000 travailleurs saisonniers sont entrés dans le pays.


26/05 Les députés réitèrent leur demande de modifications des actes délégués 

Les députés, lors d’un échange de vue avec le nouveau directeur général de la DG Agri l’autrichien Wolfgang Burtscher, ont soulevé l’absence de réponse à leurs demandes de modifications des actes délégués actuellement insuffisants pour soutenir les secteurs du vin et des fruits et légumes. L’extension de la mesure d’aide au stockage publique au secteur des volailles et du lait pasteurisé a également été demandée. 


27/05 Un plan de relance de 750 milliards d’euros 

Ursula von der Leyen, a dévoilé un programme de relance d’une valeur de 750 milliards d’euros – l’instrument européen de nouvelle génération – qui promet une Europe verte, numérique et résistante dans l’ère post-pandémique. Ce nouvel instrument d’urgence vient s’ajouter au budget à long terme de l’UE, qui a été revu et s’élève à 1 100 milliards d’euros, ce qui porte la “puissance de feu financière” totale à 1 850 milliards d’euros. 

Le plan de relance comprend un montant supplémentaire de 15 milliards d’euros destiné au développement rural. Selon les règles en vigueur, la clé de répartition entre les EM restera la même, tandis que la durée des dépenses sera plus courte (fin 2024), car les dépenses supplémentaires font partie de la partie “relance“. 

Le financement du fonds sera augmenté en relevant temporairement le plafond des “ressources propres” à 2 % du revenu national brut (RNB) de l’UE, ce qui permettra à la CE d’utiliser sa cote de crédit et d’emprunter jusqu’à 750 milliards d’euros au nom de l’Union sur les marchés financiers. Cela se ferait par l’émission d’obligations, pour les mesures à prendre pendant la période de reprise (2021-2024). Le financement supplémentaire serait acheminé par le biais de programmes communautaires, au moyen de subventions (500 milliards d’euros) et de prêts (250 milliards d’euros). Des propositions relatives à de nouvelles ressources propres supplémentaires – par exemple, l’extension prévue du système d’échange de quotas d’émission, un mécanisme d’ajustement aux frontières en matière de carbone pour contrebalancer les importations de produits bon marché en provenance de l’étranger ou une nouvelle taxe numérique sur les entreprises dont le chiffre d’affaires annuel global est supérieur à 750 millions d’euros – devraient être présentées à un stade ultérieur de l’exercice financier. 

L’élément central du paquet est la “facilité européenne de relance et de résilience”, d’une valeur de 560 milliards d’euros (subventions jusqu’à 310 milliards d’euros et prêts jusqu’à 250 milliards d’euros), qui vise à soutenir les investissements et les réformes dans les transitions verte et numérique. Cette dernière serait mise à la disposition de tous les EM, avec un “accent sur les pays les plus touchés”. La facilité de relance et de résilience, la politique de cohésion (55 milliards d’euros supplémentaires d’ici à 2022) et le mécanisme de transition équitable (jusqu’à 40 milliards d’euros) contribueront à la réalisation de ces objectifs, tandis que le deuxième pilier renforcé de la PAC (15 milliards d’euros supplémentaires) “aidera les zones rurales à procéder aux changements structurels nécessaires conformément au pacte vert européen”. 


27/05 La Commission rejette les demandes de la ComAgri 

Le commissaire à l’agriculture Janusz Wojciechowski a répondu aux lettres du président de COMAGRI Norbert Lins, en expliquant pourquoi les changements que le député européen souhaite voir apportés aux mesures concernant le fromage, le vin, la viande bovine et les fruits et légumes ne peuvent pas être réalisés. 

Wojciechowski demande instamment au Parlement européen et au Conseil de ne pas objecter aux règlements délégués nécessaires sans délai, afin que les mesures de marché puissent être mises en oeuvre. Concernant les inquiétudes soulevées par Lins sur l’aide au stockage privé du fromage, Wojciechowski a souligné que les critères d’éligibilité sont conçus pour éviter de subventionner le stockage, qui aurait eu lieu de toute façon, car il fait partie du processus de fabrication du fromage. Il reste à voir si la CE envisagera le mécanisme de redistribution inclus dans l’acte délégué ouvrant l’aide au stockage privé (ASP) pour le fromage, pour les quantités non réclamées. 

Lors de la discussion ministérielle le 13 mai, l’Italie et la Lituanie ont rejeté la clé de répartition des quotas “uniquement par production”, car elle ne tenait pas compte des proportions d’exportation (un point soutenu par l’Irlande). Le commissaire rejette l’idée d’autoriser les EM à fixer des sous-quotas dans les limites des quantités qui leur sont allouées, car les mêmes conditions d’accès doivent s’appliquer partout dans l’UE. 

En ce qui concerne l’ASP pour la viande bovine, M. Wojciechowski souligne que l’aide est limitée aux quartiers arrière car elle est destinée à répondre à un déplacement de la demande de biftecks vers d’autres produits en raison de la fermeture de restaurants. Il indique que certaines des mesures pour les fruits et légumes “n’étaient pas possibles dans les circonstances financières actuelles ». 

En ce qui concerne le vin, M. Wojciechowski souligne que les fonds des programmes nationaux de soutien auraient été sous-utilisés, notamment parce que les opérations n’auraient peut-être pas été menées à bien en raison de la pandémie. En réponse à un appel à un budget supplémentaire pour les fruits et légumes, Wojciechowski rappelle que l’UE était “confrontée à une situation critique en termes de budget actuel”


27/05 La Commission lance une révision de la politique commerciale 

Souhaitant tirer des leçons de la crise du Covid-19, la Commission européenne a décidé de lancer une révision approfondie de la politique commerciale de l’UE. La vision au coeur de cette révision qui devrait aboutir à la fin de l’année 2020 est un nouveau concept d’ « autonomie stratégique ouverte » qui prévoit une ouverture continuelle des marchés pour décourager les restrictions à l’importation et à l’exportation tout en renforçant des chaînes plus courtes afin d’améliorer l’autonomie et l’autosuffisance de l’UE. 

En parallèle de la révision de la politique commerciale, le commissaire a indiqué qu’une réforme profonde de l’OMC doit être menée avant la fin de l’année. 


29/05 Paris annonce un soutien au secteur vin 

La France a mis en place une série de mesures de soutien au secteur viticole. Ce plan* ajoute 30 millions d’euros aux 140 millions d’euros annoncés le 11 mai dernier. Il comprend 15 millions d’euros pour un régime d’aide au stockage privé couvrant 2 millions d’hectolitres, en complément de la distillation de crise. L’enveloppe budgétaire pour la distillation de crise a été augmentée de 5 millions d’euros pour un prix d’achat fixe de 78 €/hl pour les vins AOP (Appellation d’Origine Contrôlée) et IGP (Indication Géographique Protégée) et 58 €/hl pour les VSIG (Vins Sans Indication Géographique). 

Une aide de 40 €/hlap (hectolitre d’alcool pur) sera versée aux distilleries dans la limite d’une enveloppe totale de 10 millions d’euros. Le gouvernement a également confirmé que les entreprises du secteur viticole particulièrement touchées par la crise COVID-19 pourront bénéficier d’une exonération prévue des cotisations patronales de sécurité sociale. *https://agriculture.gouv.fr/filiere-viticole-le-gouvernement-annonce-un-nouveau-programme-de-soutien 


29/05 Le commerce mondial devrait reculer de 10 à 16% en 2020 

La Commission européenne estime que le commerce mondial devrait reculer de 10 à 16% en 2020. Un mois plus tôt, la prévision était de 9,7%. Pour l’UE, la contraction prévue devrait se situer entre 9 et 15% pour les exportations vers les pays tiers et entre 11 et 14% pour les importations issues des pays tiers (biens et services inclus). La Commission précise que les exportations des secteurs primaires (autres que l’énergie) et le commerce des services s’avèrent moins touchés que les secteurs manufacturiers, bien que la plupart d’entre eux voient leurs exportations se contracter de 15%. 


02/06 La ComAgri insiste pour les secteurs du vin, des fruits et des légumes 

La COMAGRI a voté pour recommander que le Parlement oppose son veto à un règlement délégué adopté par la Commission, en affirmant que les mesures de marché pour le vin, les fruits et les légumes qu’il contient ne vont pas assez loin. Les députés européens de la ComAgri souhaitent que la Commission ajoute des mesures ciblées supplémentaires, notamment des taux de cofinancement accrus et une liste élargie de mesures et de dépenses éligibles dans le cadre des programmes opérationnels pour les fruits et légumes. Ils souhaitent également que le report des fonds inutilisés de ces programmes à l’année suivante soit autorisé, et demandent une plus grande flexibilité dans les règlements sur les programmes nationaux d’aide au vin. Le Comité a fixé au 31 août la date limite d’un éventuel veto du Parlement afin de donner à la Commission plus de temps pour présenter des propositions améliorées. 


04/06 La menace des fonds de relance trop tardifs 

Le long délai prévu pour mobiliser des fonds européens pour la crise du coronavirus est en train de faire « couler » l’agriculture déclarait le président de Coldiretti, Ettore Prandini.
“Nous sommes fortement préoccupés – a souligné M. Prandini – par le calendrier des ressources mises à disposition par l’UE pour faire face à l’urgence du coronavirus, alors que le règlement prévoit que ces nouveaux fonds ne pourront pas être utilisés avant 2022 au plus tôt. 


08/06 Des ministres de l’agriculture demandent un nouveau train de mesures d’aides 

Les délégations française et espagnole ont exprimé la nécessité de proposer des mesures supplémentaires pour certains secteurs spécifiques en raison de l’effet combiné de la crise du Covid19 et des tarifs douaniers américains. En particulier, la France a demandé l’aide au stockage de la viande de veau, de porc et de chèvre déjà congelée, ainsi que la création d’un fonds de compensation pour le vin, tandis que l’Espagne a plaidé pour un nouveau programme de soutien au secteur de l’huile d’olive. 

Le commissaire Wojciechowski a répondu que “jusqu’à présent, il n’y avait aucune raison d’intervenir sur le marché”. Pour le secteur du vin, la commissaire a reconnu les controverses avec les députés européens et a fait référence à une discussion plus approfondie avec les coordinateurs. 


08/06 L’Italie lance son « pacte d’exportation » 

74% des entreprises agroalimentaires qui exportent ont enregistré une baisse de leurs ventes à l’étranger en raison d’une pluie d’annulations de la part de clients du monde entier”, selon l’enquête Coldiretti/Ixè qui montre que “la facture la plus lourde a été payée par le secteur viticole et floricole, mais des difficultés sont également signalées pour les fruits et légumes, le fromage, la charcuterie et les conserves”. 


09/06 La Commission annonce des mesures supplémentaires pour le vin 

Le commissaire Wojciechowski a annoncé aux coordinateurs des groupes politiques de la ComAgri qu’il présenterait « avant l’été » un nouvel acte délégué contenant des mesures pour apporter une aide supplémentaire au secteur viticole européen. Les nouvelles dispositions promises devraient permettre d’augmenter les taux de cofinancement pour la promotion, la vendange en vert et les mesures de restructuration, de prolonger la période de plantation de vignes pour l’année 2020 jusqu’en juillet 2021 et de déclencher la mesure relative au cartel de crise permettant aux opérateurs de s’accorder sur les exigences de qualité, les mises en marché et la promotion conjointe.
Anne Sander, négociatrice du Parlement sur l’OCM espère encore des avancées additionnelles. 


10/06 La pire récession en dehors du temps de guerre depuis 100 ans 

La pandémie de coronavirus est en passe de provoquer la pire récession en dehors de la période de guerre depuis 100 ans, a averti l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). 

Les chaînes d’approvisionnement mondiales ont été interrompues, les inégalités et les niveaux d’endettement sont montés en flèche et les niveaux de confiance ont chuté. 

“La reprise sera lente et la crise aura des effets durables, touchant de manière disproportionnée les personnes les plus vulnérables”. 

Laurence Boone, économiste en chef à l’OCDE, a déclaré que “l’incertitude à laquelle nous sommes confrontés est très élevée”, mais l’organisation s’attend à une reprise de l’activité économique dans les prochains mois. 

“Nous allons assister à une reprise, qui ressemblera à un redressement en forme de V au fur et à mesure “, a déclaré M. Boone. Une reprise dite en “V” désigne une forte baisse de l’activité économique qui s’accompagne ensuite d’un brusque rebond. 

“Mais, comme le tourisme, les divertissements, les loisirs, etc. ne peuvent plus fonctionner comme avant, ce V va commencer très vite et la montée vers le point où nous étions avant va être beaucoup plus difficile”, a-t-elle ajouté. 

L’OCDE a publié deux prévisions pour la croissance mondiale : la première en supposant qu’il y aura une deuxième vague d’infections à Covid-19 ; la seconde en supposant qu’une deuxième vague sera évitée. 

Dans son premier scénario, l’OCDE a déclaré que la croissance mondiale se contractera de 7,6 % en 2020, et “restera bien en deçà” de son niveau d’avant la crise d’ici la fin de l’année prochaine. S’il n’y a pas de deuxième vague, l’OCDE a déclaré que l’économie mondiale se contractera encore de 6 % en 2020, mais qu’elle retrouvera presque les niveaux d’avant la crise d’ici la fin 2021. 

“Les deux scénarios donnent à réfléchir, car l’activité économique ne revient pas et ne peut pas revenir à la normale dans ces circonstances”, a déclaré l’OCDE. “D’ici la fin de 2021, la perte de revenus dépasse celle de toute récession précédente au cours des 100 dernières années en dehors du temps de guerre, avec des conséquences terribles et durables pour les personnes, les entreprises et les gouvernements”

La France, le Royaume-Uni, l’Espagne et l’Italie devraient connaître les plus fortes contractions économiques cette année. Ces pays sont parmi les plus touchés par la crise sanitaire jusqu’à présent. 

Toutefois, la croissance aux États-Unis devrait également se contracter de 7,3 % dans le scénario à un seul coup et de 8,5 % en cas de deuxième vague. 


11/06 Les députés européens de l’agriculture se sont mis d’accord sur un plan révisé de soutien temporaire par le développement rural 

La commission de l’agriculture du Parlement européen a adopté des règles visant à donner aux agriculteurs et aux petites et moyennes entreprises agroalimentaires un soutien financier plus important de la part des fonds de développement rural. Ils ont voté à l’unanimité pour adopter une série d’amendements, déjà formellement convenus avec le Conseil, afin d’améliorer la proposition de la CE. Le plan prévoit d’autoriser les EM à effectuer des paiements forfaitaires pour aider les agriculteurs et les entreprises rurales à poursuivre leurs activités en dépit de la pandémie. 

Les nouveaux changements consistent à relever le plafond des paiements aux agriculteurs individuels à 7 000 euros, soit 2 000 euros de plus que ce que propose la CE. Ils n’ont pas modifié le plafond proposé de 50 000 euros pour les paiements aux PME agroalimentaires. Les membres de la COMAGRI ont également voté pour augmenter le plafond de financement de la mesure à 2 % de la contribution totale du FEADER aux programmes de développement rural dans chaque EM, contre 1 % proposé par la CE. Ils ont également convenu de reporter au 30 juin 2021 la date limite du 31 décembre 2020 pour les paiements au titre du régime. Les demandes devront être approuvées avant le 31 décembre 2020. 


12/06 Nouvel appel de la ComAgri pour les secteurs du vin, des fruits et légumes 

Le président de la COMAGRI, Norbert Lins, a de nouveau insisté auprès du commissaire Janusz Wojciechowski, pour qu’une aide supplémentaire soit accordée aux secteurs du vin et des fruits et légumes. Lins note que ses collègues de la commission parlementaire avaient demandé à Wojciechowski d'”explorer” l’idée d’une flexibilité pour le secteur vitivinicole concernant les règles d’étiquetage de l’année de récolte. Ils ont également demandé “des précisions sur la possibilité concrète d’utiliser les aides d’État pour financer les mesures qui seraient adoptées par les opérateurs conformément à l’article 222 du règlement OCM unique”. Lins réitère “au nom des coordinateurs”, la nécessité d’augmenter les taux de cofinancement pour les fruits et légumes et “d’accroître la portée des actions” dans le cadre des programmes nationaux de soutien au vin, afin de couvrir le tourisme viticole. 

Lins appelle également à la création d’un groupe de haut niveau pour discuter de l’avenir du secteur vitivinicole, “afin de rétablir la confiance et le dialogue entre la Commission, le Parlement européen et le secteur vitivinicole”. 


12/06 Appel budgétaire pour la relance du secteur vitivinicole 

L’Assemblée des régions viticoles européennes (AREV) a demandé à la Commission de mettre en place un budget extraordinaire pour financer la relance du marché vitivinicole. L’organisation souhaite également la (re)mise en place d’un groupe de haut niveau chargé de proposer des mesures pour stimuler le secteur. 

Les régions viticoles méritent un plan de relance “réel et urgent” pour améliorer les performances économiques et environnementales du secteur, avec un budget spécial, ce qui a été fait dans les secteurs de la viande et des produits laitiers. Le groupe de haut niveau proposé serait composé de représentants de la CE, de députés européens et de parties prenantes, dans le but de faire des recommandations avant la fin du mois de septembre sur la manière de stimuler le secteur et d’assurer le développement durable des régions viticoles. Il se pencherait sur la promotion sur les marchés de l’UE et des pays tiers, ainsi que sur les autres contributions que le secteur peut apporter, comme le tourisme viticole. L’AREV souhaite également que des mesures de marché, telles que la vendange en vert, la distillation et le stockage, soient maintenues en 2021, avec la possibilité d’une certaine flexibilité en ce qui concerne le mélange des millésimes. 


12/06 Révision du cadre temporaire pour les aides d’État 

La Commission cherche à étendre encore le champ d’application du cadre temporaire pour les aides d’État (initialement adopté le 19 mars) afin de soutenir certaines petites et micro-entreprises, notamment les jeunes entreprises qui étaient déjà en difficulté avant le 31 décembre 2019. Un projet de proposition envoyé aux capitales nationales pour consultation inciterait également les investisseurs privés à prendre part aux mesures de recapitalisation liées à la crise du COVID-19. 


16/06 2 milliards d’euros de pertes pour le secteur du vin italien 

Le secteur du vin entre mars et mai 2020, rien qu’en Italie, a perdu quelque 2 milliards d’euros, “ce qui équivaut à 20 % des recettes non récupérables en 2020”, indique l’analyse de la consommation de vin avant et pendant le lock-down en Italie, présentée par Davide Gaeta, professeur associé du département d’économie d’entreprise de l’université de Vérone. 

Pour l’Italie, deux tiers des personnes interrogées (1 146 au total) ont déclaré avoir diminué la consommation de vin en confinement forcé ; on constate une augmentation des achats en ligne avec une part de 15,5 % dépassant le canal des magasins de vin et directement à la cave malgré l’organisation massive des livraisons (choisies par 10,5 % et 14,3 % de l’échantillon respectivement). 

Pour Davide Gaeta, “l’analyse de la consommation avant et pendant le confinement met en évidence la crise de liquidité actuelle des entreprises vinicoles italiennes, à laquelle s’ajoute la difficulté dramatique des recettes même rapportées aux ventes sur le marché de l’horeca à la fin de 2019. Nous avons maintenant besoin de mesures de politique économique urgentes pour rétablir la croissance de la consommation. Un levier pourrait être la réduction de quelques points de TVA, ainsi qu’une nouvelle approche du consommateur. Environ 70 % de l’échantillon concerné est sensible à l’achat de vin local pour soutenir l’économie et les caves de la région”. 

La perte de 20% du chiffre d’affaires du secteur viticole italien prévue par les analystes en 2020 aura un impact significatif sur les bilans des entreprises. Selon Luca Castagnetti, directeur du centre d’études de gestion DiVino, qui a analysé un échantillon de 618 entreprises (toutes les entreprises du secteur ayant un chiffre d’affaires à partir de 3 millions d’euros) simulant les performances en 2020, “les projections voient les petites entreprises en perte significative (Ebit, c’est-à-dire le bénéfice d’exploitation avant charges financières et impôts, à -3,6%). Une baisse significative également pour les entreprises de taille moyenne (Ebit -2,3 %), contre une moyenne stable au cours des trois dernières années de +4 % ; pour les entreprises ayant un chiffre d’affaires de plus de 30 millions d’euros, la simulation enregistre une valeur Ebit positive de 1,1 % mais contre une valeur de +5,7 % ces dernières années. 

Selon M. Castagnetti, “l’annulation des flux de trésorerie de gestion fera exploser le besoin d’instruments financiers, avec une augmentation qui, pour les entreprises, de 3 à 10 millions d’euros, sera 7 fois plus élevée que dans la période pré-Covid”. Une nécessité, celle de l’intervention financière, qui selon l’analyste sera fondamentale pour défendre la chaîne d’approvisionnement contre une pression excessive à la baisse pour le raisin et le vin et donc pour maintenir l’équilibre de la distribution de la valeur.