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Plan d’Action pour la production biologique

14 avril, 2021

16:45 – 19:00

Le commissaire Wojciechowski était présent pendant la réunion de la commission de l’agriculture du Parlement européen pour présenter et discuter avec les députés du plan d’action de la Commission sur l’agriculture biologique, avancé comme l’une des tâches les plus importantes de son mandat. Les stratégies “Biodiversité” et “De la ferme à la fourchette” visent à atteindre 25 % des terres agricoles en agriculture biologique d’ici 2030. Il a argué que cette pratique agricole est bénéfique pour l’environnement et pour le bien-être des animaux en raison de la réduction prévue de l’utilisation de pesticides chimiques, d’engrais et d’antimicrobiens. À l’heure actuelle, seulement 8 % des terres de l’UE sont consacrées à l’agriculture biologique, et les prévisions indiquent qu’en suivant cette tendance, l’UE atteindrait “naturellement” 15 % d’ici 2030. Il est donc nécessaire pour la Commission de stimuler ce secteur. M. Wojciechowski a reconnu que les EM partent de points différents. Grâce à son plan d’action, la Commission veut identifier les outils et les actions pour y parvenir. Dans le même temps, le nouveau règlement sur l’agriculture biologique qui entrera en vigueur l’année prochaine assurera la stabilité et la prévisibilité juridiques, la disponibilité des ressources financières dans le cadre des nouveaux programmes PAC et Horizon Europe.

Le commissaire a souligné que le plan d’action a été élaboré dans le cadre d’une approche globale axée sur la demande et la consommation des citoyens, la production et la durabilité, et qu’il couvre toute la chaîne de valeur (agriculteurs, transformateurs, grossistes, cantines, etc.) Il a également noté que ce plan d’action est axé sur la demande et la consommation, et que les agriculteurs ne feront pas la transition s’il n’y a pas de demande pour la soutenir.

Pour l’aspect financier, le commissaire agricole a expliqué que le plan d’action prévoit d’utiliser le financement de la PAC, ainsi qu’une partie des fonds de programmation d’Horizon Europe. Le financement de la PAC sera particulièrement utile pour soutenir le deuxième objectif du plan d’action “Stimuler la conversion et renforcer l’ensemble de la chaîne de valeur”. Plus précisément, les éco-régimes et les mesures du deuxième pilier fourniront les outils nécessaires pour aborder le financement. En outre, l’assistance technique et l’échange de bonnes pratiques, ainsi que les services de conseil agricole seraient à renforcer.

Enfin, le plan prévoit une meilleure utilisation des ressources naturelles en vue d’une durabilité accrue : la réduction de l’utilisation du plastique, de l’énergie et de l’eau sera encouragée. Pour ce faire, il convient de renforcer les connaissances et la recherche. L’accent mis sur la R&D prévoit de consacrer au moins 30 % du budget à la recherche sur l’agriculture et la sylviculture biologiques.

Une large majorité de députés ont souligné leurs préoccupations concernant l’absence de demande réelle (Dorfmann, De Castro, Müller, Lebreton, Jurgiel, Sander, Aguilera, Sarvamaa) : si la Commission va stimuler artificiellement la production de produits qui risquent de ne pas être achetés en raison d’un manque de demande, alors les ressources seront gaspillées, les importations en provenance de pays tiers augmenteront et, finalement, l’approche orientée vers le marché de la politique agricole de l’UE sera faussée.

Une autre préoccupation commune exprimée par de nombreux députés concerne le financement du plan : ils ont souligné que les fonds consacrés à la PAC sont limités en ressources et doutent d’en trouver de nouvelles.

Plusieurs députés se sont également demandé pourquoi la Commission concentre la majorité des efforts sur le soutien à l’agriculture biologique pour atteindre une durabilité accrue, alors qu’ils existent également d’autres méthodes d’agriculture, y compris l’agriculture conventionnelle, qui peuvent conduire plus facilement au même objectif.

Dorfmann (PPE) a mis l’accent sur la transformation, déclarant que nous devons tenir compte de cette partie de la chaîne de production.

De Castro (S&D) a noté que l’action devrait se concentrer sur la compréhension de la façon dont les gens font leurs choix d’épicerie et sur l’amélioration de l’information et de la transparence envers les consommateurs. De cette manière, les consommateurs ne regarderont pas seulement le prix mais comprendront l’ensemble du processus d’où provient le produit (Katainen -RE- et Aguilera -S&D- ont également soutenu ce point). Il a également évoqué le risque d’importer des produits biologiques de l’étranger.

Müller (RE) a demandé si les 25% sont un objectif purement indicatif, et de donner des éléments concrets sur lesquels ce pourcentage a été défini. Elle a également demandé de donner des exemples de bonnes pratiques.

Schneider (PPE), avec Lizzi (ID), s’est demandé comment la Commission allait gérer les conséquences sur les prix des produits agroalimentaires.Huitema (RE) a plaidé pour le maintien du modèle basé sur la performance, afin de ne pas forcer le marché